Pourquoi mon hamburger n’est-il pas le même que celui de l’affiche ?

Vous vous êtes surement déjà demandé pourquoi le sandwich que vous avez dans votre assiette n’a rien à voir avec ce qui est visible sur les affiches des restaurants. Si c’est le cas, nous vous proposons quelques explications pour justifier cette différence.

Pas les mêmes techniques

Les premières contraintes dans la préparation des sandwichs, des burgers, ou des salades sont les produits utilisés. En effet, lorsque les grandes enseignes réalisent leurs shootings, elles font appel à des photographes professionnels. Certains photographes en font leur spécialité, et réservent leur talent exclusivement à la photographie de nourriture.

Pour leurs séances photos, les chaînes de restaurants utilisent de nombreuses techniques. Tout d’abord, un « food stylist » (littéralement Styliste de nourriture) assemble un hamburger tout en prêtant attention à l’apparence globale : disposition des ingrédients harmonieuse, symétrie, volume… Suivant les entreprises, on pourra utiliser soit des produits identiques à ceux utilisés en restaurant, soit choisir des produits de meilleure qualité voire des produits artificiels. Pour les entreprises ayant recours à ces produits artificiels, elles n’hésitent pas à recouvrir leurs burgers de produits non consommables tels que du vernis (pour faire briller les burgers), des colorants pour faire ressortir les couleurs des tomates ou des oignons par exemple…

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« un « food stylist » (littéralement Styliste de nourriture) assemble un hamburger tout en prêtant attention à l’apparence globale »

 

Contrainte de temps

Pour la préparation d’un burger classique, servi en restaurant, le travail se fait à la chaîne. Alors que des cuisiniers s’occupent de faire cuire les aliments et/ou de découper les ingrédients, d’autres travaillent à l’assemblage. Tout doit être traité rapidement puisque le principe du fast food est de proposer de la nourriture préparée à l’avance afin que le client soit servi au moment de la commande.

Pour la préparation d’un burger « stylisé » utilisé pour les affiches publicitaires ou les emballages, la préparation nécessite plusieurs heures. Le food stylist, cuisine le burger et dépose les ingrédients délicatement. Il fait en sorte que le burger ne s’écroule pas sous son propre poids et que les aliments donnent envie au consommateur. Ensuite, le photographe devra intervenir sur l’angle de prise de vue, la luminosité, le style de photographie… Enfin, une personne sera chargée de retoucher la photo en utilisant des logiciels spécialisés. Il devra supprimer les imperfections, parfois imperceptibles à l’œil nu (trou dans le pain du burger, fromage pas assez fondu par endroits, graine de sésame manquante…). Il est possible de jouer sur tous les éléments mais la différence réside dans le temps consacré à la retouche.

Il est évident qu’un burger servi à des clients n’aura pas bénéficié de retouche, ni d’un temps de préparation aussi important. La nourriture doit être servie rapidement afin de satisfaire un maximum de clients. Il serait possible de rendre les sandwichs identiques à ceux des publicités, mais cela nécessiterait des investissements considérables (en termes d’équipe, de qualifications et de matériel)

Pas seulement dans la restauration

Même si l’exemple paraît plus marqué dans la restauration, ces techniques sont utilisées également dans d’autres secteurs. En dehors de l’alimentation (les produits surgelés par exemple, pour lesquels les techniques sont similaires à celles vues plus haut), on n’hésite pas à consacrer du temps à la prise de vue et à la retouche pour tous types de produits : bien de consommations, chambres d’hôtels, tourisme…

Dans la grande distribution, plus le produit est cher, plus le budget alloué au soin de l’emballage sera important. Bien souvent, on distingue les produits «marque distributeur» des produits « marque nationale» par leurs emballages de meilleure qualité. C’est le travail des fonctions marketing de faire rêver les consommateurs. Si un défaut de fabrication apparaît sur la publicité ou sur l’emballage, le consommateur pensera que la fabrication n’est pas soignée et n’hésitera pas à se tourner vers un produit concurrent, d’où l’intérêt pour chaque entreprise d’utiliser des photos non contractuelles.